précarité chomage

Le problème, quand on parle du chômage, c’est que l'on est persuadé que c'est un problème d'individu. Une bonne partie des responsables politiques et des médias véhiculent l'idée que le problème vient du manque de qualification des gens ou pire d'un manque de volonté.

Il y a peut-être des gens qui ne cherchent pas d’emploi et c'est compréhensible.

 

Qu'on le veuille ou non, la recherche d'emploi est le travail le plus improductif qui soit. On travaille beaucoup pour peu de résultats. Je ne parle même pas de l'état des nerfs dans lequel les gens se trouvent lorsqu'on leur fait passer 4 entretiens voire plus.

On évoque souvent le problème de formation des travailleurs. N'oublions pas que cela fait partie du boulot des entreprises de former ses employés. Or, j'ai l'impression que de nombreuses boites préfèrent laisser cette tâche au domaine public car cela peut être vu comme un coût intolérable pour l'entreprise.

La priorité du retour sur investissement afin de rembourser les emprunts contractés auprès des banques supplante tout le reste. Et contrairement à la fameuse dette publique, la dette des entreprises est beaucoup plus importante. Elle est au moins 10 fois supérieure.

Nous avons de plus en plus de diplômés qui sortent des écoles mais le problème n'est pas le niveau. Les études en 4 ans étaient largement suffisantes  à condition de faciliter la formation tout au long de la vie (cours du soir, formation spécifique etc.). Pour le moment, on préfère mettre la pression sur les chômeurs qui doivent prouver qu'ils cherchent activement de l'emploi.

Ce mécanisme conduit à l'épuisement, l'isolement et la pauvreté. On nous dit souvent qu'il faut créer son propre emploi. Cela demande du temps, de l'argent et de l'énergie. Or, le Forem/Onem n'offre pas cette possibilité. Il serait préférable  de ne plus quémander un travail mais de revendiquer en masse que les gens valent mieux que ce que le marché du travail peut leur offrir.

Le marché du travail ne répond que partiellement au développement de la société. Il n'offre pas de place à tout le monde et les places qu'il offre ne sont pas toujours valorisantes. Les mécanismes en place font que nous nous soumettons à un marché incapable de répondre à nos attentes, désirs, souhaits.

Si le travail peut rendre heureux dans certains cas, c'est loin d'être systématique. Combien de personnes passent leur vie à essayer de la gagner ? Le chômage est un problème structurel. C'est un problème dû aux caractéristiques du marché du travail. Or, la stratégie politique habituelle, de gauche, comme de droite, est de faire culpabiliser les individus.

On n’évoque jamais la difficulté qu'ont les universitaires à trouver du boulot. D'ailleurs, on dit d'eux qu'ils peuvent se débrouiller. Car si on faisait le contraire la classe politique serait obligée de reconnaître que le problème est structurel.

Les formations en place ne servent à rien et il serait temps de le reconnaître. Enfin le problème est que la quantité d'emplois n'est pas suffisante pour le nombre de demandeurs. Il y a assez de travail mais pas assez d'emplois.

Il est important de distinguer les deux. Il suffit de regarder la quantité de travail dans le domaine de l'environnement, de l'agriculture biologique à taille humaine, la culture, l'enseignement pour se rendre compte que du travail, il y en a. Mais on refuse d'employer des gens simplement parce qu'on doit faire des économies, parce qu'on a une dette à rembourser (Ce qui est archi faux), parce qu'on a signé les traités européens, dont les élus nationaux, et européens, ne prennent que les parties qui les intéressent.

Donc, il faut éviter de ramener ça aux individus. Que ce soit pour les défendre ou pour les critiquer. Le problème n'est pas là. Avec une offre pour 10 personnes (vision optimiste), on arrivera à caser que 35 000 demandeurs d'emplois sur les 350 000 existants. Les emplois en pénurie devraient recevoir une attention particulière et des formations qui permettent d'y accéder.

Mais malgré cela, on n’arrivera pas à diviser le chômage par deux. Il serait temps que les gens, vous et moi, les patrons de PME et de TPE, les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les vieux formions un front commun. Avec des revendications vis à vis de ce que nous sommes et de ce que nous voulons.

Nous valons plus que notre travail et que notre statut sur le marché de l’emploi. Enfin les allocations de chômage représentent 2-3 % des dépenses publiques. Ce n'est pas énorme ! Les aides aux entreprises représentent 3-4 % des dépenses publiques. Je ne dis pas qu'il ne faut pas les aider, cependant si on arrive aux mêmes absurdités qu'avec les subventions agricoles (ce sont les plus grosses exploitations qui touchent le plus alors qu'elles en ont le moins besoin), elles sont à revoir. Les allocations de chômage devraient nous permettre de nous réaliser hors du marché du travail.

Le chômeur n'est pas un profiteur, et ce n'est pas lui qui est le responsable de la crise!

En conséquence, il faut d'une part, le maintien d'une allocation de chômage clairement supérieure au seuil de pauvreté et, d'autre part, la fin de la prise en compte de la situation familiale du bénéficiaire dans la fixation du montant de son allocation: un homme ou une femme, qu'il ou elle vive seul(e) ou avec un tiers, doit percevoir la même allocation, le cas échéant majorée en fonction du nombre d'enfants à charge. Cette dernière proposition aura de plus le mérite de supprimer le phénomène des « locations de boîtes aux lettres » et permettra dès lors d'éviter le contrôle malsain de ce type de situation : le temps et l'argent ainsi économisés pourront utilement être réaffectés à un accompagnement constructif des demandeurs d'emplois.

A côté de l'allocation de chômage au sens classique du terme l'assurance contre la perte d'un emploi, dont le bénéficiaire ne pourrait être privé que dans l'hypothèse d'un refus d'une proposition concrète d'un emploi convenable, il faudra ajouter également la création de deux nouvelles allocations. Tout d'abord, l'allocation de « démarrage », qui remplacerait l'allocation d'insertion et serait destinée aux jeunes de moins de trente ans sans expérience professionnelle. Ces derniers bénéficieraient d'un accompagnement renforcé et l’État leur fournirait d'office un emploi convenable d'une durée minimale d'un an avant leur trentième anniversaire.

Et ensuite, une allocation destinée au parent qui a fait le choix délibéré de se mettre en retrait de la vie professionnelle pour élever son ou ses enfants et qui n'est donc plus disponible pour le marché de l'emploi.